• Instagram
  • YouTube
  • FaceBook
cledus-et-eluminel_public-library_v4.png
1/1

Interview : ALAIN PROST

Propos recueillis par David Téné

ALAIN PROST

SEGA RALLIE UN CHAMPION

PILOTE AUTOMOBILE

Le nouveau centre Sega qui vient d'ouvrir ses portes à Paris compte parmi ses actionnaires un sportif français de renom : Alain Prost. Ce pilote d'exception, père de deux garçons passionnés de jeux vidéo, a accordé à Player One une interview exclusive, entre deux parties de Sega Rally.

Player One : Comment en êtes-vous arrivé à vous intéresser aux jeux vidéo ? C'est le partenariat Sega-Williams en 1993 qui vous a influencé ?

Alain Prost : Je m'y intéressais déjà avant ! Vous savez, j'ai deux enfants, « malades » de jeux vidéo qui m'ont coûté très cher en consoles et cartouches... Mais c'est vrai que le contact avec Sega a favorisé les choses...

Player One : Vos enfants sont grands consommateurs de jeux vidéo. Quelle est votre attitude face à ça ?

Alain Prost : Je n'ai pas d'a priori. Je trouve les jeux vidéo très bien : ça leur développe l'esprit... Mais disons que je fais attention à ce qu'ils ne soient pas trop près de l'écran pour leurs yeux, comme avec la télévision. C'est comme tout : tout est bien tant qu'on n'en abuse pas ! Et puis en plus, ce que ça a de formidable, c'est que mon fils de cinq ans joue déjà avec son frère de quatorze ans avec une dextérité incroyable, je trouve ça génial !

Player One : Comment réagiriez-vous si l'un de vos enfants vous annonçait : « Papa, je veux devenir créateur de jeux vidéo ! » ? Vous le laisseriez libre de son choix ?

Alain Prost : Bien sûr ! Mais tous les enfants sont intéressés par les jeux vidéo. On ne peut pas dire qu'il y ait une vraie vocation pour ça. Mais je comprends qu'en allant dans des lieux comme celui-ci, on ait envie d'aller plus loin. Alors, si l'un d'entre eux voulait faire carrière dans les jeux vidéo, je lui souhaiterais bonne chance.

Player One : Peut-on faire un parallèle avec vos débuts en compétition automobile ? Comment ont réagi vos parents lorsque vous leur avez annoncé que vous vouliez être pilote ?

Alain Prost : Je ne leur ai jamais dit que je voulais faire de la course automobile ! Quand j'ai annoncé, au début, que je voulais faire du karting, il en était absolument hors de question, alors je me suis débrouillé tout seul. Et le jour où je suis arrivé en déclarant que j'avais économisé pendant deux ans pour m'acheter un kart d'occasion, ils étaient tellement estomaqués qu'ils ne pouvaient rien dire parce que je l'avais fait moi-même.

Player One : Peut-on expliquer votre succès par cet « esprit de contradiction » ?

Alain Prost : Je pense que quand les parents vous aident trop, ce n'est pas très bon. Il faut quand même qu'ils vous soutiennent d'une manière ou d'une autre, mais il y a un moment où il faut se forger le caractère et y arriver tout seul.

Player One : Donc, vos parents vous aidé un petit peu après ces deux ans ?

Alain Prost : Ils m'ont soutenu ! Ils m'ont aidé moralement...

L1 + R1 + SELECT, ■, ●, ▲, ●, ■

“Cette interview est la propriété, du magazine et de son auteur.”

Copiste :  Cledus

Magazine : 

PLAYER ONE N°53 / MAI 1995

Source du magazine : 

Collection personnelle

- Cliquez-ici pour télécharger la version originale -

Grand joueur de golf, c'est avec plaisir qu'Alain

Prost s'est essayé au « putting » en exclusivité

pour Player One.

DU RÉEL AU VIRTUEL

Si Alain Prost a abandonné la F 1, il n'en a pas pour autant lâché » le volant. Il participe chaque année au Elf Master Karting Indoor à Paris (ci-contre) et est actionnaire des centres de jeux Sega (lire article en Stop Info). Ci-dessous, au volant de Sega Rally.

Player One : Revenons au centre Sega. Vous êtes actionnaire, vous êtes donc la personne idéale pour nous en parler. Pouvez-vous nous définir son concept ?

Alain Prost : C'est un centre de loisirs « familial ». On parle toujours des enfants, mais les adultes aussi aiment bien les jeux vidéo. Ça pose toujours des problèmes à un adulte de venir dans un endroit comme celui-ci, mais s'il vient avec ses enfants, je suis certain qu'il sera aussi intéressé qu'eux. Et grâce à ce genre de jeux (Alain Prost montre du doigt Sega Rally), un père peut facilement donner la réplique à son fils... Les jeux vidéo, en fin de compte, c'est très convivial et c'est ça que j'aime. Moi, je joue de temps en temps sur console, mais je suis tellement nul par rapport à mes fils que ça me pose des problèmes... Je suis sûr qu'avec une machine comme celle-là (toujours Sega Rally) a se passerait autrement ! Déjà parce que le fait d'être dans un endroit avec plusieurs personnes et de pouvoir se mettre en compétition sur le même jeu, c'est stimulant. Et c'est drôlement mieux que de rester à la maison tout seul devant son écran. À mon avis, le problème des jeux vidéo à la maison, c'est que ça n'aide pas les gens à se rapprocher. À cause des progrès technologiques de ces dernières années (le fax par exemple), les gens se parlent de moins en moins.

VIRTUA

RACING

L'AVIS DU PRO

S'il est un jeu de F-1 mythique, c est bien lui. Virtua Racing est longtemps demeuré la référence incontestée en matière de courses auto arcade. Ce n'est pas sans une pointe de nostalgie que le quadruple champion du monde de formule 1 est entré dans le baquet de la borne Virtua Racing Deluxe, une monoplace toute rouge... Verdict.

David Téné (NDLR : remarquez en passant le look « bouclettes » très étudié de notre reporter) recueille à chaud les réactions d'Alain Prost s'essayant à Virtua Racing .

« Si l'un de mes enfants voulait faire carrière dans les jeux vidéo, je lui souhaiterais bonne chance  »

Player One : Vous voulez dire que les parents sont démissionnaires face à leurs enfants ?

Alain Prost : Oui, parce que déjà pour jouer avec eux, il faut jouer souvent. Moi je vois, de temps en temps, il y a un nouveau jeu, j'arrive et je ne comprends pas comment ça marche. Alors, mes enfants me disent « T'es bête, ça marche comme ça ! » et ils me prennent pour un imbécile ! Alors que dans un endroit tel que celui-ci, les choses semblent différentes. Et puis on peut nouer des contacts plus facilement : les enfants peuvent rencontrer d'autres enfants, ce qui n'aurait pas été le cas s'ils étaient restés chez eux devant leur écran tout seul, et les adultes font la connaissance d'autres adultes.

Après un tête à queue : le champion jure qu'on ne l'y reprendra plus...

Alain Prost aux commandes de Virtua Racing. Derrière, Sega Rally.

« C'est vraiment super, surtout avec les vitesses à la main (Alain Prost fait ici allusion à la boîte de vitesses semi-automatique qui s'actionne avec deux manettes placées de chaque côté du volant comme dans une vraie F1). Les gens peuvent ainsi mieux se rendre compte du principe des vitesses au volant. Pour ceux qui aiment la course, c'est vraiment très sympa. »

Player One : Au point d'intéresser les parents aux jeux vidéo et de les faire jouer plus souvent avec leurs enfants...

Alain Prost : Exactement ! De toute façon, je suis convaincu que les parents n'attendent qu'une chose : c'est de pouvoir jouer avec leurs enfants. Et quand on va dans les centres Sega qui se trouvent dans d'autres pays (Grande-Bretagne, Japon), on voit bien que tout le monde joue... et à tous les âges ! On verra comment ça se passe en France...

Player One : Pour vous, les jeux de « baston » sont-ils le côté négatif  de jeux vidéo ?

Alain Prost : Difficile à dire. C'est discutable... Il y a tellement de violence dans les films, à la télévision... Si tel était le cas, il faudrait alors supprimer tout ce qui est violent tant au niveau des films que des livres... Je ne dis pas que c'est bien ou que les enfants y sont habitués, mais peut-être aussi que les gens dépensent leur agressivité dans ce genre de jeux. C'est vrai que je n'ai-

-me pas quand mes enfants regardent des films violents à la télé, mais de toute façon, ils ne les regardent pas car ça les choque terriblement. Pour eux, jouer avec ce genre de jeux, c'est comme jouer aux « gendarmes et aux voleurs ». En général, ces jeux font partie d'un tout. Ils ne jouent pas à se taper dessus tout le temps !

Player One : Quels sont vos projets futurs ?

Alain Prost : Je ne dis rien de mes projets en règle générale parce que je préfère en parler lorsque c'est concret.

« Je suis convaincu que les parents n'attendent qu'une chose, c'est de pouvoir jouer avec leurs enfants »

Player One : Avez-vous un message à transmettre à nos jeunes lecteurs ?

Alain Prost : Ce que j'aimerais leur dire et ce que je dis aux jeunes en ce moment, c'est que, même si c'est très difficile pour tout le monde et spécialement pour eux, c'est vrai — et lorsqu'on est adolescent, on prend les choses avec moins de recul qu'on pourrait le faire plus tard sur des sujets aussi graves que le chômage ou le sida , faut surtout garder le moral, l'espoir, l'envie de faire quelque chose, d'entreprendre. Même si c'est extrêmement difficile, ne jamais se décourager. On a le temps pendant toute la vie de se décourager, mais pas quand on est jeune. Il faut y aller ! C'est beaucoup plus facile à dire qu'à faire, je le concède, mais c'est un passage obligatoire. Il y a beaucoup trop de facilités pour se laisser aller, comme la drogue qui est une chose odieuse et sans retour, et il ne faut surtout pas tomber dedans car sinon c'est trop dur. Voilà mon message.

INTERVIEW PAR DAVID TÉNÉ

PHOTOS PAR ROBBY BARBE

 

Cette

balade musicale vous est offerte par PIXELIZER.

+Découvrir la

page de l'artiste

© 2020 cleduseluminelpubliclibrary.com - V.1.0