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JULIEN CHIÈZE (GOLLUM)

Joypad / PlayStation Magazine / Gameblog.fr / Journaliste Indépendant

METAL GEAR SOLID

Metal Gear Solid... Trois mots qui suffisent à susciter l'admiration chez la plupart des aficionados du jeu vidéo. Pourtant, depuis 1996, les informations s'écoulaient au compte-gouttes et le chef-d’œuvre d'Hideo Kojima ne cessait de jouer les Arlésiennes. Ainsi, après s'être fait désirer de longs mois, le joyau de Konami a enfin daigné débarquer en France. Un grand moment de jeu vidéo. Intense et révolutionnaire !

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“Ce test est la propriété, du magazine et de son auteur.”

Copiste :  Cledus

Magazine : PlayStation Magazine N°29 / Mars 1999

Source du magazine : 

http://www.abandonware-magazines.org 

Crédit photo Julien Chièze : Morgan Taltavull

- Cliquez-ici pour télécharger la version originale -

Prenez garde à ce que votre vie ne parte pas en fumée !

      Ce matin, le réveil sonna plus tôt qu'à l'accoutumée. Il lassa précipitamment ses chaussures et claqua la porte en coup de vent. Quelques minutes plus tard, lorsqu'il jaillit essoufflé, d'une bouche de métro, il constata avec soulagement qu'il était le premier. Fièrement, il poussa la porte de sa boutique préférée : Metal Gear Solid trônait sur un large présentoir ! Pourtant, les longs mois d'attente lui avaient appris à contrôler sa nervosité et il se contenta de fixer la boîte laissant alors libre cours à son imagination. L'affaire était désormais réglée. Quelle chance, aujourd'hui, rien ne pourrait l'empêcher de jouer à sa convenance. A peine arrivé chez lui, il tourna le verrou et débrancha le téléphone, aucun élément ne devait venir gâcher son plaisir. Il ouvrit son sac, se saisit du jeu et soupesa le boîtier. Le moment était venu de fendre l'emballage. Il pouvait enfin contempler l'objet de son excitation : 2 CD disposés de manière symétrique. Délicatement, sa main droite se posa sur le premier d'entre eux, le délogea de son encoche, puis l'enfourna dans les entrailles de sa PlayStation. Pourtant, avant même de mettre le contact, il se remémora ses parties de Resident Evil... Oui, bien sûr, il fallait fermer les volets !  Veiller à l'ambiance, créer l'atmosphère la plus oppres-

sante possible, voilà ce qui importait. Tandis que les ténèbres enveloppaient la salle, il jubilait intérieurement. A tâtons, il s'empara de son pad, mis sa console en marche et fixa l'écran. Rien. Aucun son, pas la moindre image ne lui parvint. Dans l'obscurité, le temps lui semblait une éternité, quand soudain il comprit. Changer de prise, mais 

Vulcan Raven navigue entre la force brute et le mysticisme. Un rendez-vous au sommet.

Observez attentivement les rondes des vigiles, avant d'effectuer le moindre mouvement.

Se servir d'armes à feu en étant adossé à une ogive nucléaire ne parait pas particulièrement judicieux.

Une vision d'horreur qui laisse présager du pire.

SNIPER N’EST

PAS JOUER

AU-DELÀ DU JEU, UNE EXPÉRIENCE UNIQUE

      Allez comprendre, seuls des titres de la trempe de Metal Gear Solid parviennent à provoquer de telles réact-

oui, il avait oublié de changer de prise ! Il pestait intérieurement, tant cette erreur lui paraissait ridicule. Il se leva d'un bond et... vlan, il venait de se prendre les pieds dans la maudite prise. Arrghh, voilà pourquoi il détestait se presser. Il faudra s'en rappeler lors du jeu. En une minute, alors que la pièce avait retrouvé son aspect lugubre, le logo PlayStation illumina l'écran, immé-diatement accompagné de la première nappe sonore, puis d'un nom : Hideo Kojima. Après plus de deux ans d'attente, il pouvait enfin savourer le fabuleux Metal Gear Solid !

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ions, tant ils surpassent le simple stade de jeu pour atteindre celui « d'expérience interactive Ainsi,  aborder cette aventure faite de stress  et d'émotions prend une toute autre ampleur, allant presque jusqu'à estomper le caractère virtuel du jeu. Qui aurait pu imaginer qu'infiltrer une base militaire tombée aux mains d'une organisation terroriste — nous ne dévoilerons aucun autre élément du scénario pour maintenir un certain suspens - puisse à ce point marquer les esprits ? Bien sûr, on se doutait que cela serait plus intéressant que de visiter le supermarché du coin en période de soldes mais, tout de même, quelle claque ! Le fait que le chef-d’œuvre d'Hideo Kojima privilégie l'innovation au détriment de la facilité apporte un élément de réponse non négligeable. De cette manière, si certains pensent trouver en Metal Gear Solid un énième jeu d'action impulsif et délibérément violent, leur déception risque d'être particulièrement cruelle. Que les choses soient claires dès le départ en décidant d'incarner Solid Snake, vous vous engagerez dans une aventure haletante et si réaliste que le moindre faux pas, la moindre manœuvre hasardeuse conduira immédiatement à la mort. Plus flippant que de

■ L'essayer, c'est l'adopter ! En effet, dès que vous poserez la main sur le PSG-I, vous ne parviendrez plus à jouer autrement qu'à travers les lunettes de votre fusil. Hop, je m'allonge, j'avale mon petit comprimé de diazépam afin de calmer mon pauvre cœur et vlan je localise nia cible. Ensuite, tout va très vite. Précise et bien fourbe, cette technique s'avère vraiment  «tripante »! Pourtant, n'oubliez pas que moins vous tuerez de gardes et meilleur sera votre résultat final. C'est beau, le pacifisme. ■

diriger un caddie, non ? En partant de ce principe, il parait alors évident qu'une approche à la Rambo est particulièrement proscrite, à moins de cultiver un certain penchant mas-ochiste. A contrario, Solid Snake devra faire parler son expérience d'agent commando dont l'atout principal consiste à n'être jamais repéré par l'ennemi, et à vivre constamment dans l'ombre. A l'image de Tenchu, vous serez obligé de maîtriser toutes vos pulsions, car abattre tout ce qui bouge sans avoir pris les précautions nécessaires (utilisation de silencieux, isolement de votre 

Jetez un coup d'œil furtif permet de faire le point sur la situation.

■ Ok, j'avoue. Après être resté de longues journées sur Metal Gear Solid, on parvient à débusquer quelques faiblesses. Tout d'abord la durée de vie d'une dizaine d'heures environ pourra en décevoir certains. Mais bon, découvrir l'intégralité des astuces est loin d'être évident. Cependant la principale déception provient de la légère baisse de rythme en fin d'aventure. Ah les grands discours métaphysiques de tueurs névrotiques, quelle classe, mais surtout quelle lourdeur ! Enfin, on pardonne rapidement ces quelques erreurs pour se replonger encore plus profondément dans une aventure qui reste d'une extraordinaire qualité. ■

HISTOIRE DE

PINAILLER

Un clin d'œil des développeurs. Otacon programme sur Net Yaroze !

Mettez-vous à la place de ce garde. Comment cette caisse a-t-elle pu se matérialiser dans son dos ?

cible) ne vous mènera à rien. Dès les premières séquences, la survie prime sur la sauvagerie, la discrétion sur la violence ! L'atmosphère devient alors immédiatement oppressante et la symbiose entre Solid Snake et le joueur s'effectue instantanément. Tandis que l'un apporte sa connaissance des armes et son calme olympien, le joueur guide son héros avec une méticulosité toute particulière. On scrute l'écran jusqu'à s'en rompre le nerf optique, on ne prend aucun risque sans en peser les éventuelles conséquences et la simple vision d'un vigile ou d'une caméra de surveillance suffit à glacer le sang. Il va falloir vous armer de patience et vous satisfaire de chaque centimètre pris sur l'ennemi. Croyez-moi, les jeunes coqs présomptueux risquent de ne pas faire long feu ! Un peu d'humilité et de jugeote, que diable. Rapidement, on acquiert les premiers réflexes du parfait commando, on apprend à réfléchir pour survivre. Couvrir ses arrières, étudier les rondes des vigiles afin d'en trouver la faille, éviter toute action susceptible d'attirer l'attention comme, par exemple, marcher dans une flaque d'eau ou encore éternuer, prendre garde à ne jamais laisser de trace de son passage ... deviennent inévitablement une seconde nature. Ainsi, en maintenant le joueur sous une pression permanente et en l'impliquant de manière inédite, Metal Gear Solid va d'emblée bien plus loin que ses concurrents.

UNE MAÎTRISE ARTISTIQUE  IMPRESSIONNANTE

      Si Metal Gear Solid s'illustre par son approche novatrice, il possède aussi l'un des plus remarquables habillages graphiques qu'il nous ait été donné d'admirer. Contrairement à la plupart des jeux d’action, votre aventure ne se déroulera pas sous forme de missions successives, puisque vous évoluerez au sein d'un gigantesque complexe militaire basé en Alaska. Eh oui, apprêtez-vous à devoir arpenter les moindres recoins de la bâtisse si tant est que vous possédiez les clefs adéquates ! Au moins, une certitude : les zombis n'ont pas encore infesté les lieux alors ne paniquez pas trop. Pourtant, même sans ces êtres putréfiés, le climat des lieux reste particulièrement lourd grâce à un choix de teintes sombres à dominante verdâtre. Les décors se révèlent, quant à eux, terriblement réalistes et truffés de charmants détails comme les rats qui parcourent les passerelles ou bien des asticots 

L'affrontement final contre Rex nécessitera de votre part une concentration extrême.

Succomberez-vous aux charmes subtiles du C4 ? Pratique pour découvrir les zones cachées.

grouillant dans les toilettes. De plus, la bonne utilisation des angles de caméra permet de les mettre en valeur, puisque dès que Solid Snake se plaquera contre un mur, la caméra basculera afin de vous offrir l'angle de vue le plus adapté à la situation présente (caméra plongeante sur une passerelle, grand angle pour découvrir un couloir, etc.).

Pour notre plus grand plaisir, les résultats allient remarquablement parfaite jouabilité et esthétisme. On en redemanderait presque en passant son temps à se dissimuler contre un mur. 

Pourtant, tôt ou tard, on arrête de se balader de manière insouciante et on tente de se raccrocher avec délectation au scénario. Désolé, mais pour le quart d'heure tourisme, il faudra repasser plus tard. Cependant, il y a fort à parier que personne ne trouvera à se plaindre de ses fréquentes injonctions scénaristiques. Bien au contraire, c'est au cours de ces passages que l'ambiance atteindra son paroxysme. Dans Metal Gear Solid, les séquences cinématiques ont été purement et simplement bannies et remplacées par des « cuts-scenes » utilisant le moteur 3D du jeu. Si le rendu graphique n'égale pas celui des images de synthèse, il reste toutefois incroyablement détaillé et donne lieu à des séquences narratives d'anthologie ! La mise en scène dynamique et audacieuse laisse béat d'admiration. Ainsi, toutes les techniques employées au cinéma sont passées en revue, du travelling au ralenti sans oublier le gros plan furtif. Les protagonistes n'apparaissent plus en tant qu'enchevêtrement de polygones, ils prennent vie. En un

instant, un trait musical fait passer de la surprise à la peur et les sentiments n'ont aucun mal à transparaître des attitudes des personnages. A ce niveau d'excellence, Metal Gear Solid 

DES GADGETS À LA JAMES BOND

■ En tant qu'agent commando de la dernière chance, l'équipement de Solid Snake sort des sentiers battus. Passons donc sur les traditionnels socom, grenades, charges à fragmentation ou encore le subtil C4, pour nous attarder sur les lunettes à infrarouges et autres gadgets démentiels. Hum, voir la vie en rouge ou se la jouer hi tech, quel pied. Enfin, même si ce n'est pas très sérieux de fanfaronner avec ses joujoux à plusieurs millions en se prenant pour un James Bond du pauvre, au moins tout cela contribue de belle et originale manière à l'atmosphère. Alors surtout profitez-en ! ■

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L'issu du combat contre le ninja cyborg vous réserve quelques surprises.

En un instant ce garde passe de vie à trépas.

 n'a rien à envier aux meilleures réalisations du septième art. Mieux encore, son interactivité unique lui permet d'atteindre un niveau supérieur.

L'aide d'Otacon peut parfois paraître déplacée, mais rien ne sert de la sous-estimer.

DES INTERACTIONS  POUSSÉES À  L'EXTREME

L'héliport est placé sous haute surveillance. Privilégiez une approche par les côtés.

      Metal Gear Solid repose sur un principe simple : la liberté d'action du joueur est si étendue, qu'il doit être possible d'appréhender chaque séquence de plusieurs manières différentes. Vous restez sceptique... Parfait, eh bien, lorsque vous aurez fini le jeu (une dizaine d'heures devraient malheureusement suffire), questionnez vos amis sur leurs méthodes d'infiltration, vous n'en reviendrez pas ! En effet, il existe des centaines de techniques d'approches différentes, sans compter les multiples astuces à découvrir. Quoi qu'il en soit, les interactions de base se révèlent déjà particulièrement jouissives car totalement innovantes. L'élément le plus incroyable est sûrement le fait que, pour la première fois, dans un jeu vidéo, il sera nécessaire d'agir « physique-

-ment » sur des paramètres extérieurs au jeu, afin de résoudre certaines énigmes. Toutes les solutions ne se trouvent donc pas dans le soft ! Ne vous inquiétez pas, on ne vous demandera pas de faire le tour de l'immeuble en un temps record ni de ranger votre chambre. Non, tout reste dans le domaine du réalisable, mais il s'agira parfois de bien réfléchir. Dans un registre quelque peu différent, vous pourrez noter que le Dual Shock, vos Memory Card, ainsi que votre téléviseur seront exploités de manière fort peu conventionnelle et ce, à plusieurs reprises. Pourquoi ? A quel moment ? A vous de le découvrir, mais les surprises ne risquent pas de manquer.

UNE NOUVELLE ÉTAPE  A ÉTÉ FRANCHIE

Meryl trouve toujours le mot juste... enfin presque.

En résistant ou non à la torture, vous influerez sur le scénario.

      Pour finir, sachez que Metal Gear Solid s'illustre par une grande variété des situations à accomplir. Entre les séquences de rappel, les sauvetages désespérés, le désamorçage d'une ogive nucléaire et tant d'autres missions, vous n'aurez pas vraiment le loisir de trouver le temps long. Et puis, rien que d'y penser, se déplacer de manière furtive sans éveiller les soupçons, se glisser subrepticement dans le dos d'un garde avant de l'abattre afin de gagner quelques mètres... c'est vraiment trop bon. L'attente peu enfin cesser. A l'heure où vous lirez ces quelques lignes, Metal Gear Solid sera peut-être déjà en rupture de stock, mais cela paraît normal. En effet, qui oserait passer à côté de l'un des jeux les plus révolutionnaires sur PlayStation ? Par conséquent, malgré des doublages français assez médiocres et sa durée de vie relativement courte, le jeu garde toute sa profondeur et marquera indéniablement son époque. Si vous ne deviez acheter qu'un jeu, en ce début d'année, optez pour Metal Gear Solid, vous ne le regretterez pas.

Au moins les choses sont claires vous l'avez surpris !

METAL GEAR SOLID 399F

POUR QUEL PUBLIC ?

Pour ceux qui ont adoré Tenchu et qui recherchent des titres aussi novateurs qu’intéressants.

8

 

8

 

6

 

- DESIGN --

Les lieux sont volontairement froids et oppressants et les cut-scenes époustouflantes.

- ORIGINALITÉ --

Après Tenchu, MGS innove en mêlant action et infiltration. Un concept novateur maitrisé.

- DURÉE DE VIE  --

Un joueur expérimenté verra la fin en une dizaine d'heures. Les néophytes auront de quoi faire.

7

 

8

 

9

 

- MUSIQUE ET SON  --

L'action est admirablement soulignée. Quant aux doublages français, quel désastre !

- JOUABILITÉ  --

Commandes intuitives et gestion du Dual Shock optimale. Vous ferez corps avec Solid Snake.

- TECHNIQUE  --

Des textures très fines et des effets particulièrement impressionnants lors des cut-scenes.

UN PERSONNAGE CULTE, PSYCHO MANTIS

■ Si vous demandez aux vrais fans de Metal Gear Solid ce qu'ils pensent de Psycho Mantis, ils deviendront probablement intarissables. Enigmatique, effrayant, puissant,... difficile de cerner ce psycho-killer aux redoutables pouvoirs télékinésiques. Une unique certitude, les passages clefs du début de scénario qui bénéficieront des apparitions de Psycho resteront à jamais gravés dans les mémoires. Vous découvrirez enfin ce que le mot interaction signifie vraiment Tout bonnement incroyable. ■

Et si vous l'entendiez jurer comme un chartier ! Une bien étrange traduction.

NOTE GLOBALE ET RÉSUMÉ 

Jamais un jeu n'avait atteint un tel niveau de réalisme. Quelle claque ! Mise en scène hollywoodienne, réalisation somptueuse, scénario béton... l'équipe d'Hideo Kojima a pris le temps de peaufiner chaque élément.

C'est certain, Metal Gear Solid marquera son époque.

 

JULIEN

9

 

LE COMPARATIF : AUSSI TRIPANT QUE TENCHU MAIS BIEN PLUS ABOUTI TECHNIQUEMENT.

 

Cette

balade musicale vous est offerte par EMOTIONAL ROAD.

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